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Ecole Lémanique d'Armes Anciennes

un site de spectacle et cascade

Littératures

Citations

" L’épée est une maîtresse jalouse qui accapare ceux qu’elle a séduit. Elle prend son homme des pieds à la tête. Le cœur, le poignet, les jambes, il lui faut tout à la fois. Et rien n’est plus juste. Cette petite lame d’acier doit suppléer à l’ancienne cuirasse par la rapidité à se porter au fer. Elle est à elle seule le casque et le plastron, la pansière et la cotte d’armes. Elle voltige, menace, pare, s’élance ; elle se fait flèche ou cercle, couvre son chevalier et enveloppe l’ennemi. En échange de tant de dévouement et de tant d’artifice, l’épée n’exige qu’une chose, c’est que celui dont elle a accepté la main soit un amant fidèle. "

Aurélien SCHOLL, en préface de " L’Art du Duel " d’Adolphe Tavernier – Flammarion 1885


Voici un texte d'une versification certe un peu ampoulée (il nous appartient de ne pas oublier que cet écrit est celui d'un militaire du 19ème siècle), mais qui a l'avantage de mettre en lumière la transformation de l'escrime depuis son origine violente et sans résonnement vers la mise en pratique d'un art honoré de grande valeur. Le premier texte sert donc à mettre en évidence par son descriptif sombre le second avec son message sur les qualités et objectif d'une escrime nouvelle (enseignée dans le même esprit notamment dans notre école). Une orientation aujourd'hui qui porte vers un esprit d'une escrime sportive et ludique. Un art martial dont l'orientation ouvre notre pensé plutôt que ne la ferme. A vous de suivre maintenant les pas du maître Lafaugère.

Ces deux textes ont été choisi parmi 77 autres tirés de "L'Esprit de l'Escrime" - Poème didactique par le maître J.Lafaugère auteur d'un traité de l'art de faire des Armes. Edité par Garnier, libraire-Editeur de Lyon en 1841 et imprimé par Klefer à Versailles.

  "...Quelle mère enseignant notre enfance étonnée,
N'a dit de nos malheurs la source empoisonnée?
Ouvert à la vertu, le séjour de l'Eden
Au crime, sans retour, se referma soudain.
A son nouveau destin abandonné sans guide,
L'homme, de ses désirs suivit la voix perfide,
Et des vices affreux que l'Eternel maudit,
Avec sa race au loin le nombre s'étendit.
En lui l'ambition éveilla l'artifice,
L'égoïsme, sans frein, enfanta l'injustice,
Au hideux intérêt l'intérêt répondit,
Et des plus noirs excès le monde entier frémit.
L'homme, à peine créé, malheureux sur la terre,
Se vit bientôt en proie au démon de la guerre;
Il semblait condamné, dans ses tristes fureurs,
A remplir l'univers et de sang et d'horreurs.
Mais ses armes, d'abord, ne purent pas suffire
A cette ambition toujours prête à détruire.
Il découvrit enfin le fer, le plomb et l'or:
Son génie oppresseur prit un nouvel essor;
Il éprouva du fer la force et la puissance,
Il forgea le poignard et l'épée et la lance.
Par ces armes frappés, on vit dans plus d'un rang
Et le père et le fils couverts du même sang.
Aux coupables succès, son âme accoutumée,
Au métier des combats, chercha la renommée :
Tant pour l'orgueil humain est grand l'attrait fatal
D'imiter de la mort le génie infernal!
Ces instruments si prompts à trancher une vie,
Semblèrent encor mal seconder sa furie.
Le salpêtre enflammé fit résonner l'airain,
Et la peur s'étendit sur tout le genre humain.
Dans les premiers combats, la force naturelle,
Aux faibles devenait l'arme la plus cruelle;
Malgré tous les efforts, le courage, l'ardeur
Se voyaient à la fin domptés par la vigueur.
On s'aperçut bientôt que l'art de la défense,
De la force pouvait maîtriser la puissance.
Quand on connut du fer l'extrême fermeté,
Et qu'on put lui donner la flexibilité,
Quelque génie heureux, guidé par l'industrie,
Sut du combat égal créer la théorie.
La force, dès ce jour, par l'adresse de l'art,
Avec étonnement se vit mise à l'écart.
Le fleuret qu'on forgea d'une forme légère,
Fut docile aux efforts d'une main régulière.
Le duelliste, alors, vint demander sa part
Des principes heureux qu'avait trouvé cet art.
Mais n'allez pas penser que le but de l'Escrime
Soit de prêter son aide à qui médite un crime.
Non, sa tâche, plus belle, est de mettre à profit
Les facultés du corps et celles de l'esprit.
Dans tous ses mouvements, elle rend le corps libre,
Elle sait le placer dans un juste équilibre,
Afin que ses ressorts ne meuvent sans raideur:
Chacun d'eux en reçoit l'aplomb et la vigueur.
Elle donne à la fois aux sens l'intelligence,
A tous les mouvements le moelleux et l'aisance,
A l'esprit l'à-propos, à l'oeil l'activité,
Par elle tout, en nous, croît en solidité;
Elle apprend à lutter de ruse, de finesse,
Et grandit le courage aussi bien que l'adresse."


Clin d'œil

Information tiré de l'ACUSA de décembre "Lors de fouilles à Ephesos, les archéologue ont trouvé des ossements de gladiateurs. Les chercheurs qui les ont analysés, ont découvert que l'alimentation des gladiateurs se composait essentiellement d'orge, de haricots et de fruits sec." Pas sûr qu'ils avaient une surcharge pondérale de premier ordre nos célèbres guerriers...